Médaille pour la bataille de Kunersdorf - 1760

Historique

Cette médaille a été créée sous le règne de l'impératrice Élisabeth Ire de Russie, en 1760, lors de la guerre de Sept ans (1756-1763), pour commémorer la victoire des troupes russes sous le commandement du comte Pierre Saltikov et autrichiennes sur les troupes de Frédéric II, roi de Prusse, près du village de Kunersdorf (dans la province prussienne de Brandenbourg), près de Francort-sur-Oder, le 1er/12 août 1759 (1) (3).

L'année précédente, les armées russes et autrichiennes étaient entrées dans Berlin, mais furent obligées d'abandonner la ville quelques jours plus tard.

La guerre de Sept Ans (1756-1763 a été une confrontation majeur entre les grandes puissances européennes et la première participation de la Russie à un conflit de cette amplitude. A cette occasion (victoire russe de Gross-Jägersdorf le 30 juillet 1757 - victoire russe de Zorndorf (actuel Sabrino en Pologne) le 25 août 1758 - victoire russe de Züllichau (Palzig) le 23 juillet 1759), la Russie, put montrer aux autres grandes puissances, que le corps des officiers et des soldats russes, formaient maintenant une armée disciplinée, bien armée et aguerrie.

Pour Frédéric II, la défaite de Kunersdorf, marquait le début de la fin. Cependant, le décés en janvier 1762 de l'impératrice Élisabeth Ire allait changer la donne en sa faveur. En effet, l'accession au trône de Russie, de son neveu Pierre III, était un admirateur inconditionnel de Frédéric II. Pierre III, changea immédiatement de politique étrangère et d'alliance, en stoppant la participation russe à la Guerre de Sept-Ans et s'alliant avec l'ennemi d'hier, Frédéric II.

L'armée alliée (62 400 soldats, 16 600 cavaliers et 211 canons), formée de 59 800 russes et 19 200 autrichiens, fut attaquée par les 49 900 prussiens (36 900 soldats, 13 000 cavaliers et 160 canons). Les pertes furent lourdes des deux côtés : 14 181 russes et 2 331 autrichiens contre 18 969 prussiens (ainsi que tous leurs canons et 28 drapeaux), mais les russes, après six heures de combat restèrent maître du terrain. Ci-dessous gravure représentant l'engagement.

Dans le décret de création de cette médaille par le Sénat, il était dit, qu’elle était instituée pour être distribuée «aux anciens soldats de cette bataille» (officiers, sous officiers, soldats des troupes régulières ayant participé à ce combat. On confectionna 30 000 médailles en argent avec chas (oreillette), pour être portée au ruban de Saint-André. Cette médaille est particulière car au revers est représentée une composition compliquée saturée de détails allégoriques qui était l’apanage jusqu’alors des seules médailles commémoratives. Dans ce cas particulier, avec la même matrice furent également fabriquées des médailles sans œilleton pour les simples soldats ainsi que mille exemplaires commémoratives en or. (2).

Caractéristiques de la médaille

Avers : portrait face à droite de l’impératrice Elisabeth Petrovna avec à la circonférence l'inscription cyrillique «Par la grâce de Dieu, Elisabeth Ire impératrice autocrate de toutes les Russies».

Pour voir le revers passez le pointeur sur la médaille ci-contre.

Revers : présente au premier plan, un guerrier à l’antique portant un étendard dans une main et une lance dans l’autre. Il foule du pied, une coupe renversée d’où s’écoule un filet d’eau, sur lequel figure l’inscription : « r(ivière) Oder». A l’arrière plan une vue de Francfort et au devant le champs de bataille, où figurent tués, armures abandonnées et étendards aux chiffres de Frédéric-le-grand. Une inscription cyrillique en haut indique : «au vainqueur», et une autre an bas indique «Sur les Prussiens, 1er août 1759».

Diamètre : 39 mm

Ruban : aux couleurs de l'ordre de Saint-André.

Notes :

(1) Romanov (Prince Dimitri), The orders, medals and history of imperial russia, Viborg, 2000, Balkan Heritage, ISBN 87-981267-4-1, 270 p, pp. 80-81.
(2) Kouznetzoff (A.A), Les ordres et les médailles de la Russie, Édition de l'université de Moscou. Ouvrage russe, 1985, 480 pages, pp. 136 et 168.
(3) Andolenko (Général CR), Histoire de l'Armée russe, Lagny-sur-Marne, Flammarion, 1967, 476 p., pp 73-75.
Werlich (Robert), Russian orders, decorations and medals, Quaker Press, Washington, D.C., 1981, 2e édition, 160 p, p. 31.
Durov (Valery), Les ordres russes, du XVIII au début du XXe siècle, Moscou, 1997, "L'éclaireur", ISBN 5-09-006711-2, 160 p, p. 51.
Krivtsov (Vladimir D.), ABEPC n°3, Tzar's awards, badges, jettons and attributes, catalogue for collectors price guide, Moscou, 1997, 200 pages, p. 31.


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