Médaille pour la guerre contre la Turquie - 1829


Historique

Cette médaille a été établie le 1er Octobre 1829 (CJ) sous le règne de l'empereur Nicolas Ier pour commémorer la guerre de 1828-1829 contre la Turquie, qui s'imbrique dans la guerre d'indépendance de la Grèce de 1821-1829 (1) (4).

Le sultan Mahmoud II règna sur l'empire ottoman de 1808 à 1839. Il réalisa une politique énergique (masacre des janissaires 15 juin 1826) qui se traduisit par de remarquables résultats en dotant son empire de nouvelles structures politiques et sociales. Cependant il refusa tout compromis avec la France, l'Angleterre et la Russie, concernant le sort des populations de la Grèce et engagea, son pays dans une guerre couteuse qui dura six ans, avec à l'issue une humiliante défaite.

La Russie envoya une escadre navale en Méditérrannée de 9 navires sous le commandement du contre-amiral russe Loghine Heiden, qui fut bientôt rejoigne par des navires français et anglais, dans le but d'empêcher les troupes égyptiennes de renfort de rejoindre les Turcs en Grèce. Le 8 / 20 octobre 1827, les navires alliés entrèrent dans la Rade de Navarin (Pylos) en Morée, et livrèrent batailles à la flotte d'Ibrahim Pacha, et la détruisirent.

Avec la perte de la plupart de leur flotte à Navarin, les commandants militaires turques, réalisèrent que la Russie pouvait bientôt rassembler ses forces, les prendre à revers avec la flotte de la mer Noire et attaquer leur pay. Aussi la Turquie décida de frapper la première et se prépara à déclarer la guerre.

La Russie déclara cependant la guerre la première le 26 avril 1828 (CG) et dès le printemps, une armée russe de 95 000 hommes (répartis en 3 corps) sous le commandement du maréchal Wittguenstein, mais en présence de l'empereur Nicolas Ier, franchit la rivière Pruth et se dirigea rapidement vers le Danube. Les Turcs opposent 152 000 hommes (5).

Après l'occupation rapide de la Valachie et de la Moldavie, le passage du Danube, défendu par de nombreuses forteresses s'avère plus long que prévu et retarde la progression de l'armée russe durant le mois de juin. Nicolas Ier appele des renforts, un 4e corps ainsi que la Garde rejoignent les armées. Puis, les forteresses tombent une à une : Braïlov, Matchine, Girsovo, Toultcha, Kustendji.

Le 6 juillet, les russes passent à l'offensive malgré la fixation d'une partie importante des troupes devant certaines forteresses du Danube. Initialement les forces en présence sont les suivantes : à Choumla, 40 000 Turcs sont assiègés par 30 000 Russes, à Silistrie 20 000 turcs sont assiègés par 10 000 Russes, à Varna 10 000 Turcs sont assiègés par 5 000 Russes. Cependant, après des assauts infructueux le siège de Choumla est finalement levé.

Sous Varna, les troupes de Menchikov sont portées à 30 000 avec l'arrivée de la Garde, pendant qu'un corps de 30 000 Turcs se porte au secours de Varna. Les Turcs se positionnent à Kurt-Tépé, les Russes décident de les y attaquer. La bataille intervient le 30 septembre, mais mal préparée par les Russes qui sous-estiment les forces turque. Cette une défaite russe, qui perd 1 400 hommes sur les 10 000 engagés sous les ordres du prince de Wurtemberg, lui même blessé. Le corps turque d'Omer-pacha hésite pui finit par se replier sans exploiter son avantage.

Le 6 octobre (CG), les Russes tentent à nouveau l'assaut de Varna et échouent encore. Le 10 octobre le port et la foteresse deVarna se rendent en livrant 6 000 prisonniers et 178 canons. C'est très affaiblie que l'armée russe termine cette année 1828, les épidémies fauchent les rangs, l'état sanitaire est déplorable.

Pour 1829, Dibitch est nommé généralissime, Nicolas Ier consent à quitter le front. Les troupes russes sont renforcées et portées à 124 000 hommes. Les Turcs en opposent 180 000. Les combats reprennent avec un nouvel assaut russe infructueux contre Silistrie le 17 mai.

Les Turcs forment deux colonnes de 10 000 hommes chacune, l'une attaque Pravod, l'autre porte de rude coups au général Roth, puis s'en retournent à Choumla. Le 28 mai une colonne turque marche au secours de Silistrie.

Un grand engagement a lieu à Koulvetcha le 11 juin. Mal engagé par les Russes qui sont dans un premier temps mis à mal, l'indécision turque permet aux Russes de reprendre l'initiative et de finalement culbuter les Turcs, qui perdent plusieurs centaines d'hommes, 6 drapeaux, 50 canons et 2 000 prisonniers.

Le 30 juin, Silistrie capitule. Dibitch commence son opération de franchissement des Balkans. 35 000 Russes répartis en 3 colonnes se mettent en marche le 11 juillet. Le 24 juillet les trois colonnes se retouvent à Roumelikoy, mais il ne reste plus que 25 000 hommes. Le 19 août Dibitch est devant Andrinople (capitale de la Turquie d'Europe) avec seulement 17 000 hommes contre 13 000 soldats turcs et 15 000 miliciens. Les Turcs démoralisés, Andrinople est occupée sans combat et les Russes marchent sur Constantinople.

Des scènes de panique eurent lieu à Constantinople (forte de 600 000 habitants), et le Sultan se décida à demander les termes d'un traité de paix.Le traité d'Andrinole fut signé le 2/14 septembre 1829 (CJ), la Turquie reconnu l'Indépendance de la Grèce, l'autonomie de la Serbie et des principautés danubiennes (protectorat russe sur les principautés danubiennes de Moldavie et Valachie), céda des territoires additionnels à la Russie (Anapa, Poti, Akhalzikh, Azrouh, Akhalkalaki), accorda l'ouverture des Dardanelles à tous les navires russes de commerce. Par ce traité la Russie ipso facto, le protecteur des Chrétiens des pays balkaniques.

Elle était décernée à tous les rangs (officiers, sous-officiers marins et les soldats) de l'armée impériale russe qui se distinguèrent lors de la guerre de 1828-1829, contre la Turquie. Par ailleurs, Dibitch fut, décoré par l'empereur Nicolas Ier de l'ordre de Saint-Georges de 1re classe, promu au grade de feld-marechal, titré "Dibitch-Zabalkansky" (transbalkan).

Caractéristiques

Avers : Croix orthodoxe russe surmontant le croissant turc face en haut, le tout sur un soleil rayonnant avec latéralement les dates de 1828 (à gauche) 1829 (à droite).

Pour voir le revers passez le pointeur sur la médaille ci-contre.

Revers : inscription cyrillique sur 3 lignes "Pour la guerre contre la Turquie", entourée sur la périphérie de deux branches de d'olivier, nouées à abime par un ruban.

Diamètre : 22 à 28 mm (3) (4)

Ruban : ordre de Saint-Georges.

Notes :

(1) ROMANOV (Prince Dimitri), The orders, medals and history of imperial russia, Viborg, 2000, Balkan Heritage, ISBN 87-981267-4-1, 270 p, pp.146-147.
(2) MICHANOV (ouvrage collectif sous la direction de Valentin), La Flotte de l'Empire de Russie, 300e anniversaire de la fondation, Romain Pages Éditions, Sommières, septembre 1996, ISBN 2-908878-79-8, 288 pages, pp 146-150.
(3) KOUZNETZOFF - (Alexandre A), Les ordres et les médailles de la Russie, Édition de l'université de Moscou. Ouvrage russe, 1985, 480 pages, p. 142 et 207.
(4) WERLICH (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union. p. 42.
(5) ANDOLENKO (Général CR), Histoire de l'Armée russe, Lagny-sur-Marne, Flammarion, 1967, 476 p., pp 222-226.
KRIVTSOV (Vladimir D.), ABEPC n°3, Tzar's awards, badges, jettons and attributes, catalogue for collectors price guide, Moscou, 1997, 200 pages, p. 37.


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