phaleristique russe

Médaille "Pour la prise de Nöteborg-Schlüsselbourg" - 1702

medaille pour la prise de noteborg Historique

Médaille créée sous le règne de Pierre Ier, pour commémorer la prise, le 12 octobre 1702 (CJ), de la forteresse suédoise de Nöteborg (Notebourg – Noteburg), dans le cadre de la Guerre du Nord qui avait commencé en 1700. Il s'agit de la première médaille russe véritablement figurative, même si elle ne se porte pas encore à l'habit.

Pour voir le revers passez le pointeur sur la médaille ci-contre.

Il s’agissait d’une ancienne forteresse fondée en 1323 par la cité de Novgorod-la-Grande, dénomée Orechek –(Oreshek) et qui avait été prise et renommée Nöteborg par les Suédois depuis 1611 (1617 ?). Pierre Ier renomma la forteresse en Schlüsselbourg (Schlisselburg) ("ville-clé").

Ci-dessous, une gravure sur papier datant de 1703 de A. Shkhonebeck, intitulée Capture de Noteburg le 11 octobre 1702. On y retrouve les principaux éléments figurant sur le revers de la médaille.

siege de noteburg

Cette forteresse était située sur une petite île à l’endroit où la Neva sort du lac Lagoda vers le golfe de Bosnie. Point stratégique sur l’axe commerciale fluvial Baltique-Lagoda-Onega. La conquête de la forteresse et de la province suédoise de l’Ingrie, permit à Pierre Ier de réaliser son grand rêve d’ouvrir une fenêtre de la Russie sur l’Occident, pour favoriser les échanges commerciaux et culturels, avec la création en 1703 d’une nouvelle capitale dans le delta marécageux de la Néva, la future Saint-Petersbourg.

Ci-dessous, une gravure sur papier datant de 1703 de A. Shkhonebeck, intitulée Siège de Noteburg 1702, 1702. On y voit au centre Pierre Ier dirigeant l'assaut.

siege de noteburg

SchlüsselbourgLa forteresse ne joua plus de rôle militaire après 1709 et pour les deux siècles suivants devint une prison d’état «à destination secrète» pour les politiciens et même quelquefois pour des membres de la famille impériale tombés en disgrâce, comme ce fut le cas pour l’empereur Pierre III. L'île-forteresse fut partiellement détruite pendant la seconde guerre mondiale.
Ci-contre une photographie aérienne contemporaine du site.

La médaille d’un diamètre de 52 mm, sans œilleton, a été frappée en or pour les officiers et en argent pour les sous-officiers et la troupe. La médaille a été décernée aux participants à l’assaut de la forteresse. Selon Dimitri Romanov elle a été décernée aux hommes de la Garde des régiments Préobrajenski et Séméniovski (1), alors que pour Alexandre Kouznetzoff, il n'en existe qu'un modèle en or, celle qui a été décernée aux seuls « chasseurs-volontaires » de cette attaque (2).

Caractéristiques

Avers : buste en cuirasse de Pierre Ier jeune face à droite, portant des lauriers, avec en circonférence l'inscription cyrillique : "Tsar Pierre Alexeïevitch souverain de toutes les Russies".

Revers : La scène de l’assaut est représentée en détail : la forteresse de Nötebourg sur une île, sous le feu des pièces russes, les canons et les soldats russes sont positionnés sur une rive opposé, une multitude de barques d’assaut. Une inscription cyrillique à droite indique la "Néva", une autre en bas indique : « prise le 21 octobre 1702 * », enfin, celle sur la périphérie supérieure rappelle : « Était à l’ennemi – 90 ans ». * Selon D. Romanov, il y a une erreur sur cette médaille, car pour lui la bataille est intervenue un 12 octobre et non un 21 octobre comme cela figure gravé sur le revers de la médaille.

Diamètre : 52 mm pour celle en or et celle en argent.

Port : la médaille était sans chas, et ne se portait pas.

Notes

(2) Kouznetzoff - Kouzetsov (A.A), Les ordres et les médailles de la Russie, Édition de l'université de Moscou. Ouvrage russe, 1985, p 102.
(1) Romanov (Prince Dimitri), The orders, medals and history of imperial russia, Viborg, 2000, Balkan Heritage, ISBN 87-981267-4-1, 270 p, pp. 60-61.
-
Durov (Valery), Les ordres russes, du XVIII au début du XXe siècle, Moscou, 1997, "L'éclaireur", ISBN 5-09-006711-2, 160 p, p. 25.


/ Phaléristique russe / Croix et médailles / Médailles du règnes de Pierre Ier /


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006