phaleristique russe

Généralités concernant les ordres de chevaleries

En 1917, la Russie compte huit ordres de chevalerie. Les ordres de création purement russe (de Saint-André, de Sainte-Catherine, de Saint-Alexandre Nevski, de Saint-Georges, de Saint Valdimir), les ordres d'origine étrangère (ordre holstinois de Sainte-Anne, les ordres polonais de l'Aigle Blanc et de Saint-Stanislas, sans oublier la période russe de l'ordre souverain de Malte (sous le règne de Paul Ier), font du système des ordres russes un canevas compliqué. Aussi vous trouverez ici des généralités sur ces ordres concerant :

Les ordres de chevalerie et anoblissement

La grande-maîtrise des ordres

Châpitre des Ordres Russes

Insignes "officiels" et "privés"

Admission dans les ordres et principe des diplômes

Les ordres de chevalerie et anoblissement

Une des mesures sociales les plus importantes du règne de Pierre le Grand est la création le 24 janvier 1722 (anc style), d'une Règle, appelée le Tchin (ou Tables des rangs) qui a pour objet de promouvoir le "Service" de l'État et en particulier de créer une "Noblesse de Service" qui soit à égalité de valeur avec la "Noblesse de sang". Cette Table des rangs avec ses 14 classes ("tchiny") de fonctionnaires civils, militaires, ecclésiastiques et de Cour établit les règles de hiérarchie et de promotion dans l'échelle sociale. Les ordres impériaux russes y font en permanence référence.

L'appartenance à la classe noble dans la Russie pré-révolutionnaire n'est pas quelque chose de vain. En effet en plus de bénéficier d'un énorme prestige social, les nobles étaient exemptés de certaines taxes. Également ils pouvaient être libérés du service militaire et ne faisaient pas l'objet de punitions corporelles dans le cadre de l'armée; punitions corporelles qui ne seront abolies qu'en 1864.

Devant le nombre sans cesse grandissant des récipiendaires des ordres de chevaleries de toutes les classes des ordres russes, la possibilité de se faire concéder un titre de noblesse héréditaire ou non, en même temps que l'appartenance à un ordre russe, diminua au fur et à mesure.

La grande-maîtrise des ordres

L'empereur est le grand-maître de tous les ordres russes, sauf celui de l'ordre de Sainte-Catherine dont l'impératrice reste jusqu'à sa mort le grand-maître. En revanche, il semble qu'il n'y a pas de grande maîtrise pour les deux ordres polonais de Saint-Stanislas et de l'Aigle Blanc.

Châpitre des Ordres Russes

Il semble que le châpitre des ordres russes n'est été créé que tardivement, probablement sous le règne de Paul Ier, grand réformateur des ordres russes. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, l'empereur nomme les membres sur proposition du Châpitre. Ce dernier se compose d'un chancellier, choisi entre les chevaliers de l'ordre de Saint-André, d'un grand-maître des cérémonies qui est en même temps maître des cérémonies de la Maison Impériale, et d'un trésorier.

Ses attribitions étaient multiples :

Fournisseurs officiels ville de à
- - - -
Pannasch Saint-Petersbourg 1821 1836
Kämmerer & Keibel Saint-Petersbourg 1836 1841
-
-
-
-
Wilhem Keibel Saint-Petersbourg 1850 1861
- - - -
Albert Keibel Saint-Petersbourg 1882 1910
Eduard Saint-Petersbourg 1910 1917

Insignes "officiels" et "privés"

Jusqu'au début du règne de Paul Ier, aucun texte (des différents statuts des ordres existants) ne réglemente les dimensions exactes des insignes des ordres russes. Aussi les premiers insignes fabriqués par différents maîtres joailliers sont-ils de facture très différentes, tant par leurs formes, leurs différentes dimensions, les matériaux utilisés, que leurs couleurs.

Avec l'apparition du châpitre des ordres, les spécificités pour chaque insigne des ordres sont fixés. C'est normalement l'état qui commande, paye et offre les insignes à son récipiendaire. En revanche, les insignes officiels doivent être retournés au châpitre des ordres après son décès. Cette mesure ne concerne pas les insignes décérnés avec diamants.

Les insignes du modèle officiel sont ceux fixés par le châpitre des ordres. Cependant, un récipiendaire pouvait soit : racheter les insignes officiels au châpitre de l'ordre et sa famille n'avait donc pas à les retourner au châpitre à son décès, soit commander et payer à titre privé les insignes de son choix.

A titre d'exemple, jusqu'en 1856, les plaques du modèle officiel des ordres étaient réalisées en canetille d'or ou d'argent, se cousaient directement sur l'habit et n'étaient donc pas mobiles. En revanche, on trouvait depuis le début du XIXe des plaques de fabrication privée, en métal et donc plus facilement interchangeable d'un vêtement à l'autre. Aussi les récipiendaires commandaient à titre personnelle de telle plaque, plus facile à manipuler. En 1856, afin de suivre la tendance le châpitre des ordres, adopte définitivement comme modèle officiel le principe des plaques mobiles.

Admission dans les ordres et principe des diplômes

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, aucun de ces ordres ne comprend un nombre déterminé de chevaliers, mais le nombre de ceux qui reçoivent un traitement est fixé. Afin de maîtriser l'augmentation constante du nombre de chevaliers des différents ordres, le tsar Alexandre Ier, institua le 24 avril 1816, un principe de requête auprès de sa personne, pour l'obtention et la signature de sa main, d'un dilpôme pour les ordres de Saint-André et de Saint-Alexandre-Nevski, les deux premières classes de Saint-Georges et Saint-Vladimir, et la première classe de Sainte-Anne. Pour les autres classes des autres ordres, des formulaires étaient à retirer auprès du Châpitre des ordres.
Après l'adoption et la russification des ordres polonais de l'Aigle Blanc et de Saint-Stanislas, en 1831, l'empereur signe les demandes pour ces deux ordres. L'empereur ne signe que pour la 1re classe de Saint-Stanislas, ainsi que pour la seconde classe de l'ordre remise à des ressortissants étrangers, c'est à dire portée avec une écharpe et avec une plaque.
Seules les demandes pour l'ordre de Sainte-Catherine étaient signées de la main de l'impératrice.


/ Début de page / Phaléristique russe / Ordres russes /


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006