Marques d'honneur rattachées à
l'ordre de Saint-Georges

Croix en or d'honneur pour officier

A la fin du XVIIIe siècle se forme un système de décoration bien organisé : les soldats et officiers qui s'étaient distingués dans telle ou tellle bataille, étaient décorés de médailles et d'ordres correspondants. Des décorations particulières introduites sous Catherine II, très proches de l'ordre Saint-Georges (qui était décerné uniquement pour des officiers), comprenant cinq croix en or portées avec le ruban de l'ordre Saint-Georges, créées pour recompenser les officiers ayant participé aux assauts de :

- Otchakov - 1788

- Izmaïl - 1790

- Praga - 1794

- Preussisch-Eylau - 1807

- Bazardjik - 1810

mais qui ne reçurent ni la 4e classe de l'ordre de Saint-Georges, ni celle de Saint-Vladimir pour des raisons de quotas bien que, proposés pour l'obtention de ces ordres (1).

Catherine II écrivait au prince G.A. Potemkine qui commandait l'assaut d'Otchakov au sujet de la première de ces décorations, qu'elle avait instaurée : "L'application dans le service, le zèle dans les fonctions et la parfaite bravoure de nos généraux et des autres gradés sous votre commandement durant l'année passée, et se produisant particulièrement lors de l'attaque et de la prise d'Otchakov, nous vous rendons hommage avec notre bienveillance particulière de monarque."(2).

Les officiers décorés de l'une de ces croix d'honneur en or, se voyait déduire 3 années sur les 25 années requises pour l'obtention de la 4e classe de l'ordre de Saint-Georges pour officier décerné pour "long service" jusqu'en 1855. De plus en dehors d'une réduction pour l'obtention de la croix de Saint-Georges pour "long service", l'inscription habituelle figurant sur les branches latérales d'une telle croix : "25 années" était supprimée. On insistait ainsi plus sur l'aspect de la baravoure militaire (car le récipiendaire était déjà titualire d'une croix en or d'honneur) que sur la notion de "long service", d'une obtention moins prestigieuse (3).

Comme dans beauoup d'autres exemples de croix et médailles d'or et d'argent, décernée à la fin du XVIIIe, début XIXe siècle, beaucoup des spécimens arrivés jusqu'à nos jours, sont souvent en bronze, bronze doré ou plaqués argent. Une explication raisonnable consisterait à dire, qu'il s'agissait de croix ou de médaille de remplacement des originaux (perte, vol, vente) (4).

Notes

(1) (2) (3) Russian Orders XVII - XIXe s., Moscou, 1991, 12 planches couleurs avec jaquette.

(4) WERLICH (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union. p 33, p 39.


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006