Marques d'honneur rattachées à
l'ordre de Saint-Georges

Croix en or d'honneur pour officier pour la prise d'assaut de la forteresse d'Izmaïl - 1790

La seconde de ces nouvelles marques d'honneur, fut instituée le 25 mars 1791 sous le règne de Catherine II dans le cadre d'un épisode de la guerre russo-turque de 1787-1791. Cette décoration comme la précédente, était attribuée aux officiers méritant qui prirent part à la prise de la forteresse turque d'Izmaïl (La forteresse et la citadelle sont situés à l'extreme nord du delta du Danube, en actuelle Bessarabie), mais qui ne reçurent ni la 4e classe de l'ordre de Saint-Georges ni celle de Saint-Vladimir pour des raisons de quotas, bien qu'ils soient proposés pour l'obtention de ces ordres (1). Selon Dimitri Romanov, cette croix fut attribuée à tous les officiers ayant participé à la prise d'Izmail (2) et Robert Werlich avance également les deux hypothèses d'attribution de cette croix (3).

Après la signature de la paix entre la Russie et la Suède en septembre 1790 et près de deux ans après la prise de la forteresse d'Otchakov par les Russes, l'armée russe menée par le feld-maréchal Potemkine, c'est portée durant l'automne 1790, vers le Danube et mis le siège à Izmail. Depuis que la forteresse avait été prise une première fois en 1770 par les Russes, les défenses ont été entierement repensées, élargies, renforcées avec l'aide de spécialistes occidentaux des fortifications (4). La place était forte de 35 000 hommes (dont 17 000 janissaires) et défendue par plus de 250 canons repartis stratégiquement sur les remparts. L'armée russe sous les ordres des généraux Ribas, P. Potemkine (neveu du maréchal) et Meller-Zakomelski, comptait à peine 28 000 hommes dont 15 000 cosaques, mal armés (5).

Conscient que les capacités défensives de la forteresse avaient été très largement sous-estimées, le triumvirat avait même essayé d'influencer leur commandant en chef de la Russie du Sud pour lever le siège dès le 23 novembre / 7 décembre et le reporter au printemps suivant, mais G. Potemkine n'en démordait pas, la forteresse devait être prise avant l'hiver. Le 30 novembre /11 décembre, il nomme commandant en chef des troupes devant Izmaïl, le feld-maréchal Souvorov. A peine une semaine après l'arrivée du vainqueur de la bataille de la rivière Rimnik (22 septembre 1789), Souvorov prépare des plans détaillés de l'assaut à venir et entraine ses hommes. Aux toutes premières heures du 11 / 22 décembre 1790, la forteresse fut attaquée de trois côtés à la fois et après 12 heures de combats acharnés, la forteresse tomba aux mains des Russes (4). Les Turcs perdent 26 000 hommes, les 9 000 prisonniers restants sont tous blessés. Les Russes perdent 10 000 hommes, sur 650 officiers présents, seulement 250 sortent indemnes de la bataille.

Cette bataille fut une des victoire les plus célèbres de l'histoire de l'armée russe. Elle marqua un tourant stratégique dans la guerre russo-turque de 1787-1791, en forçant les Turcs à ouvrir des négociations de paix. L'élimination complète d'une importante armée turque, la capture par Souvorov de cette forteresse jugée imprenable firent grande impression en Europe.

La croix en or (47 x 47 mm), à 4 branches aux angles arrondis et extrémités de croix rondes (queue d'arronde ?), portait à :

l'avers dans un médaillon oval l'inscription en cyrillique "Pour bravoure excellente",

Pour voir le revers passez le pointeur sur la croix ci-contre.

au revers "Prise d'Izmail le 11 décembre 1790".

Ruban : elle se portait sur la poitrine gauche, au ruban de l'ordre de Saint-Georges.

Une médaille en argent est également réalisée pour les sous-officiers et soldats ayant participés à la prise de la forteresse.

Notes

(1) Russian Orders XVII - XIXe s., Moscou, 1991, 12 planches couleurs avec jaquette.
(3) Werlich (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union. p 35.
(2) (4) Romanov (Prince Dimitri), The orders, medals and history of imperial russia, Viborg, 2000, Balkan Heritage, ISBN 87-981267-4-1, 270 p, pp.98-99.
(5) Andolenko ( Général), Histoire de l'armée russe, Flammarion, 1967, 476 pages, p 114-117.
Kouznetzoff (A.A), Les ordres et les médailles de la Russie, Édition de l'université de Moscou. Ouvrage russe, 1985, 480 pages, pp. 136 et 177.


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