Médaille "Pour Bravoure", puis
"de Saint-Georges"

Médaille de Saint-Georges

Récipiendaires français

Le gouvernement russe a de temps en temps donné des contingents de croix (donc probablement également de médaille) de Saint-Georges, comme l'indique le Journal Officiel de la République française du 13 avril 1915, p. 1266 :"Le tsar décerne à des militaires français cités à l'ordre de l'armée : 100 croix de Saint-Georges de 3e classe (numérotées de 16 701 à 16 800), qui sont remises à des adjudants et 400 croix de Saint-Georges de 4e classe (numérotées de 126 652 à 127 050), qui sont remises à des sergents".

Sur le livret militaire de Charles Jean Camilleri (né le 22 février 1887 à Barral - Algérie, de la classe 1907, matricule 07697, soldat de 1re classe au 3e Régiment de Tirailleurs Algériens initialement stationné à Bone en Algérie), il est inscrit (à la plume sergent major) médaille de st Georges de 4 ieme classe  o/o général n° 11 OE(extrait)(1).

Ci-contre, photographie du brancardier de 1re classe Charles Jean Camilleri, médaillé de Saint-Georges de 4e classe, vers 1922 - © Jean Portelli

Ses états de service mentionnent la campagne  contre l'Allemagne du 2 août 1914 -  5 mars 1919. Il fut brancardier sur le front de Champagne pendant la grande guerre. Peut-être a-t-il porté secours à l'un des 20 000 soldats russes présents en Champagne entre 1916 et 1918 (2), motif éventuel de l'attribution de sa médaille de Saint-Georges ?

On peut facilement identifier la médaille de Saint-Georges, au 2e rang en partant de la gauche, après la médaille commémorative française de la Grande Guerre (ruban strié blanc et rouge) et avant la médaille non-officielle de Verdun (à ce titre portée en dernière position, après même les décorations étrangères).

En effet :

  • médaille avec le profil face à gauche de Nicolas II (que l'on semble distinguer), réalisée en argent de 1913 à 1917, puis en métal argenté. De toutes les médailles portées, c'est la seule qui ressort de façon aussi "brillante" par rapport aux médailles française en bronze mat ;
  • le ruban strié est à trois bandes noires et deux bandes orange. Il est à noter que le ruban est monté "à la française" et non "à la slave" (ruban doublé en forme de pentagone, pointe en bas). La photo date d'après 1922, date de création et de remise de la médaille commémorative interalliée, dite médaille de la victoire (médaille juste après la croix de guerre et avant la mini- fourragère). Le ruban est alors souvent "francisé", d'autant plus que la Russie impériale n'existe plus.
Notes

(1) Un grand merci à Jean Portalli qui a porté à ma connaissance livret militaire et photographie de son ancêtre.

(2) Les deux brigades russes (env. 20 000 hommes) engagées en France dès 1916, ont été rattachées à la IV armée du Général Gouraud, puis en 1917 dépendent de la Ve armée. Suite aux révolutions russes de 1917, les brigades russes sont retirées du front. Fin décembre 1917 et à partir de janvier 1918, une Légion russe est constituée avec des éléments "sûres". Cette légion d'honneur (env. 1 000 hommes) servira jusqu'à la fin de la guerre au sein de la division marocaine (4e régiment d'infanterie marocain).


  • © Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006