Ordre de Saint-Georges pour officiers

Œuf de Paques de Fabergé dit de la croix de Saint-Georges - 1916

Selon la tradition de la paques orthodoxe et afin de marquer l'admission au sein de l'ordre de Saint-Georges du tsar Nicolas II (comme chevalier de l'ordre 4e classe) et du tsarévitch Alexis (décoré de la médaille de 4e classe), le tsar fit réalisé un œuf de paques par Fabergé, qu'il offrira à sa mère, l'impératrice douairière Maria Féodorovna, pour la pâque 1916. C'est Fabergé lui-même qui l'apportera à l'impératrice.
C'est le dernier œuf que le tsar offrira à sa mère. Plus tard lors de la révolution bolchevique, l'impératrice Maria Féodorovna, séparée du tsar et de sa famille, pourra s'échaper de Russie. Cet œuf est le seul qu'elle put prendre avec elle. Il fut par la suite vendu aux enchère à Londres au début des années soiante par son petit-fils, le prince Vassili Romanov. Il appartient aujourd'hui à la collection Forbes Magazine Collection (1).

Cet œuf d'une hauteur de 90 mm est simplement réalisé en argent (en signe d'austérité pendant cette période de temps de guerre). De facture modeste par l'emploi des matériaux simples utilisés, en regard des œufs de Fabergé d'avant guerre, cet œuf n'en reflète pas moins la maîtrise de l'art du célèbre joiallier.

La coquille est émaillée d'un blanc opalescent mat avec un quadrillage losangique vert de branches de laurier. Chaque losange ainsi délimité porte en son centre une croix blanche avec un médaillon centrale rouge de l'ordre de Saint--Georges.

Un ruban d'or, en relief, émaillé des couleurs de l'ordre de Saint-Georges (orange avec trois bandes noires), entoure l'œuf.

Un premier médaillon délimité par un nœud de ce ruban représente l'avers d'une croix pour officier de l'ordre de Saint-Georges, le médaillon centrale de l'insigne présentant Saint-Georges terrassant le dragon avec une foule de détails. Un petit bouton placé à la croisée du ruban sous ce médaillon permet de découvrir sous la croix, une miniature de son récipiendaire impérial, le tsar Nicolas II.

L'empereur Nicolas II reçut la 4e classe de l'ordre, le 25 octobre 1915 après avoir été recommandé au Conseil de l'ordre de Saint-Georges par le major général prince A.V. Baryatinsky (2), alors qu'il était commandant en chef des armées russes. Très touché de cette recommandation émanant de son armée et ce suprême honneur, Nicolas II , ne portera plus que cette seule décoration jusqu'à la fin de sa vie. Dès la fin 1915, sur la presque totalité des photos, portraits (dont celui dont est issu la miniature de cet œuf) de Nicolas II, on ne voit plus que la croix de 4e classe de Saint-Georges.

Un second médaillon délimité par un nœud de ce ruban représente l'avers d'une médaille d'argent de Saint-Georges, avec le profil face à droite de l'empereur Nicolas II. Un petit bouton placé à la croisée du ruban sous ce médaillon permet de découvrir sous la médaille, une miniature de son récipiendaire impérial, le tsarévitch Alexis.

Le tsarévitch Alexis Nicolaevitch a été décoré le 25 octobre 1915 de la médaille de Saint-Georges de 4e classe pour le recompenser "pour sa présence près du front", alors qu'il était au côté de son père (3). Après l'éxécution du tsar et de sa famille, la médaille de Saint-Georges du tsarévitch fut retrouvée dans la salle de bain de la maison du marchand Impatiev où elle avait été cachée.

Notes

(1) FORBES (Christopher), "Fabergé Eggs - Imperial Russian Fantasies", Harry N. Abrams, Inc. Pblishers, New York, 1990, 68p., pp 58-59.

(2) WERLICH (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union, Quaker Press, Washington, D.C., 1981, 2eme édition, 160 p., pp 10-11.

(3) JACQUIJ (Philippe), "Décorations impériales russes, croix et médailles de Saint-Georges", in Armes-Militaria-Informations (A.M.I.), n°6, février 1990, pp 57-59, p. 57.


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006