Ordre de Saint-Georges pour officiers

Les récipiendaires dans l'ordre

Ordre décerné à des femmes

A l'exception de l'impératrice Catherine II, fondatrice et grande-maîtresse de l'ordre, il ne fut décerné qu'à deux femmes. La première était étrangère, la reine des Deux-Siciles, Marie Sophie de Bavière. Elle fut décorée par l'empereur Alexandre II, le 21 février 1861, pour bravoure. Durant la guerre pour l'unification de l'Italie, Garibaldi et ses volontaires approchaient de la ville de Naples d'un côté et de l'autre côté le roi de Sardaigne Victor Emmanuel, le roi des Deux-Siciles François II et son épouse la reine Marie Sophie se retirèrent à Gaète. Ils soutinrent un siège de 5 à 6 mois, de septembre 1860 à février 1861. L'esprit de la défense de Gaète était la reine elle-même. Elle demeurait aux positions avancées et soignait les blessés. Quand la position devint intenable le roi et la reine s'échappèrent par bateau. Le tsar Alexandre II qui regardait d'un mauvais la campagne de Victor Emmanuel et de Garibaldi, décora le roi et la reine des Deux-Siciles de l'ordre de la 4e classe.

Ci-contre aquarelle anonyme représentant Marie-Sophie de Bavière.

La seconde était Rymma Mihailovna Ivanova qui reçut la 4e classe pendant qu'elle servait comme infirmière au 105e régiment d'infanterie de Orenbourg. Durant l'été 1916, les Allemands attaquèrent son régiment, et parce qu'il n'y avait pas d'autre officier valide, elle assuma le commandement de la 10e compagnie. Elle repoussa successivement plusieurs attaques avant de partir dans une contre-offensive qui fut l'instrument de l'issue finale de l'engagement et qui se traduisit par une victoire russe. Durant cette attaque elle fut blessée 11 fois, la plupart par des coups de baïonnettes et elle mourut à la suite des ses blessures. Nicolas II la décora à titre posthume et conféra à son père un rang de noblesse héréditaire (1).

Notes

(1) WERLICH (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union, Quaker Press, Washington, D.C., 1981, 2eme édition, 160 p., p 11.


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006