Ordre de Saint-Georges pour officiers

Les récipiendaires dans l'ordre

Les étrangers et l'ordre

Les étrangers suivants furent aussi décorés de la 1re classe (1) :

Prince suédois, maréchal Bernadotte. Appelé auprès du trône suédois, le 21 août 1810, chéri par Charles XIII, Bernadotte se révèle un vrai Suédois. Il abjure le catholicisme et prend à cœur les affaires de son futur royaume. Les intérêts de sa nouvelle patrie se heurtent à ceux de la France. Si Bernadotte cède d’abord aux injonctions de Napoléon et déclare la guerre à l’Angleterre, il revient sur sa décision dès 1812 et signe une alliance avec le tsar, Alexandre 1er. En 1813, la Suède entre dans la coalition contre la France. Bernadotte apporte une armée de 30 000 hommes et sa connaissance des tactiques napoléoniennes. Son armée bat Oudinot à Gross-Beeren (23 août 1813) et Ney à Dennewitz (6 septembre 1813). A Leipzig (16-19 octobre 1813), il se montre encore une fois bon manœuvrier, mais évite de croiser directement le fer avec son rival. Il reçut sa décoration de Ire classe le 30 juilllet 1813 (CJ), "pour la défaite des français à la bataille de Dennewitz, le 25 août 1813".

Ci-contre Bernadotte par Kinson Musée National du château de Versailles et des Trianons. Sur ce tableau, on peut remarquer sous la plaque de l'ordre de la Légion d'honneur, la plaque en forme de losange de l'ordre de Saint-Georges décerné avec les 1re et 2e classe de l'ordre.

Prince prussien maréchal Gebgard Leberetch von Blücher, général des armées coalisées en 1813 "Pour la défaite de Napoléon durant les trois journées de bataille des 4, 6 et 7 octobre 1813 sous Leipzig". Il est le 13e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

- Prince autrichien, Duc de Krummau Carl Philippe Schwartzenberg en 1813 "Pour la défaite de Napoléon durant les trois journées de bataille des 4, 6 et 7 octobre 1813 sous Leipzig". Il est le 14e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

- Maréchal anglais Duc de Wellington, Arthur Vellesley, en 1813 "pour ses actions d'éclats contre les Français dans la guerre de 1814". Il est le 15e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

Louis Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême en 1823, (fils aîné du roi Charles X de France). Suite au congrés de Vérone du 20 octobre 1822 au sujet de la situation en Espagne et de l'emprissonement de Ferdinand VII d'Espagne (suite à l'insurrection du libéral Riego de 1819 à 1823, le tsar Alexandre Ier (fervent ennemi des idéaux propagés par Napoléon) décide l'envoi d'un corps expéditionnaire français de 9 500 hommes sous les ordres de du Duc d'Angoulème (qui a déjà été au service de la Russie en 1798) pour restaurer la monarchie absolue. Mission qu'il mène à bien. Il est le 17e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges "pour la fin remplie de succès dans la guerre avec Espagne".

Ci-contre Louis, duc d'Angoulême, lithographie de François-Séraphin Delpech - Bibliotheque Nationale, Paris

- Maréchal autrichien comte Joseph Radetsky "pour la prise de la ville de Milan le 6 août 1848". Il est le 20e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

- Roi de Prusse Friedrich Ludwig Wilhelm Ier (1861-1888) et premier empereur d'Allemagne (1871-1888), reçut sa décoration de Ire classe le 26 novembre 1869 (CJ), "à l'occasion du centenaire de la création de l'ordre... et pour avoir reçut la 4e classe de l'ordre en 1814". Il est le 22e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

- Maréchal autrichien archiduc Albrecht en 1870 "pour la guerre de 1870 contre les Français". Il est le 23e récipiendaire de l'ordre de Ire classe de Saint-Georges.

Un nombre considérable de 2e, 3e et 4e classe fut décerné à des étrangers. Cela est particulièrement vrai pour de nombreux chefs militaires anglais (2) et des différentes principautés allemandes qui ont combattu contre Napoléon.

Pendant la première guerre mondiale, le prince de Galles (maintenant duc de Windsor), le feld-maréchal Haig récurent tous la 4e classe. L'amiral anglais de la flotte Jellicoe reçut la 4e classe. Les généraux français, commandant en chef, Joffre, Nivelle, Pétain, Fayolle, Foch furent également décorés de l'ordre (probablement de la 4e classe) (3). De même pour le général à cinq étoile Dubail, grand chancellier de la Légion d'honneur.

De simples officiers reçurent cette décoration pour leur mérite personnel comme ce fut le cas pour le capitaine Georges Guynemer, as français. L'ordre est attribué à plusieurs officiers de la mission militaire française auprès de l'armée impériale russe de 1914 à 1917 (4).

Le capitaine Georges Guynemer
Le jour où a été pris ce cliché, le glorieux aviateur portait, en tête de ses décorations, la croix de Léopold de Belgique, parce que la rosette d'officier de cet ordre venait de lui être décernée ; on voit sur la même ligne, de gauche à droite, au dessus de la Cigogne, insigne de son escadrille : la croix de la Légion d'honneur (avec rosette d'officier), la médaille militaire, la Croix de guerre avec ses 24 palmes ; au dessous, la croix de Saint-Georges de Russie, l'étoile de Karageorges avec glaives (Serbie) et la croix de Danilo Ier (Montenegro). Photo vue dans l'illustration © Section phot. de l'Armée.
Notes

(1) WERLICH (Robert), Russian orders, decorations and medals, including those of Imperial Russia ; the Provisional Government, the Civil War et the Soviet Union, Quaker Press, Washington, D.C., 1981, 2eme édition, 160 p., p 10.
(2) Catalogue de vente Sotheby's, London, 1988, ref : 64, pp 13-17.
(3) (4) SOUYRIS-ROLLAND (André), Guide des ordres, décorations et médailles militaires françaises et étrangères 1814-1963, Public-Réalisations (Préal), Paris, 4e éditions, 1991, 135 p., p 37.


© Nicolas Botta-Kouznetzoff 1997 - 2006